L'ingénieux chevalier Don Quichotte de la Manche (French) Chapter 80

Don Quichotte grillait, comme on dit, d'impatience d'apprendre les merveilles que l'homme aux hallebardes avait promis de lui raconter; aussi en l'abordant le somma-t-il de tenir sa parole.

Seigneur, répondit celui-ci, ce n'est ni si vite, ni sur les pieds qu'on peut conter tout cela; que Votre Grâce me laisse achever de panser mon mulet, après quoi je vous donnerai satisfaction.

Qu'à cela ne tienne, répondit notre chevalier, et je vais vous y aider moi-même. Aussitôt il se mit à vanner l'orge, à nettoyer la mangeoire: courtoisie pleine de simplicité qui lui gagna si complétement les bonnes grâces de l'inconnu, que, sortant de l'écurie, celui-ci vint s'asseoir sur le bord d'un puits, et là, ayant pour auditoire don Quichotte, Sancho, le guide, le page et l'hôtelier, il commença de la sorte:

Vous saurez, seigneurs, que dans un village situé à quatre ou cinq lieues d'ici, il arriva qu'un régidor perdit, il y a quelque temps, un âne, par la faute ou plutôt, dit-on, par la malice de sa servante; et quelque diligence qu'il fît pour le retrouver, il n'en put jamais venir à bout. A quinze jours de là environ, 404 comme il se promenait dans le marché, un autre régidor, son voisin, vint à lui: Que me donnerez-vous, compère, lui dit-il, si je vous apporte des nouvelles de votre âne?

Tout ce que vous voudrez, répondit le régidor; mais dites-moi, je vous prie, qu'en savez-vous?

Eh bien, votre âne, reprit l'autre, je l'ai rencontré ce matin, dans la montagne, sans bât, sans licou, et si maigre, que c'était pitié; j'ai voulu le chasser devant moi, pour vous l'amener, mais il était déjà devenu si farouche, que dès que je m'en suis approché, il s'est mis à ruer, puis s'est enfui dans le fourré le plus épais. Si vous voulez, nous l'irons chercher ensemble; laissez-moi seulement mettre cette bourrique à l'écurie, et dans un moment je suis à vous.

Vous me ferez grand plaisir, répondit le régidor, et en pareille occasion vous pouvez compter sur moi.

C'est de cette façon que ceux qui savent l'histoire la content mot pour mot. Bref, nos deux régidors se rendirent à pied dans la montagne, vers l'endroit où ils espéraient trouver l'âne; et après bien des allées et venues inutiles: Compère, dit celui qui l'avait vu, je viens d'imaginer un bon moyen pour découvrir votre baudet, fût-il caché dans les entrailles de la terre. Je sais braire à merveille, et pour peu que vous le sachiez aussi, l'affaire est faite?

Pour peu que je le sache! répondit l'autre régidor; sans vanité je ne le cède à qui que ce soit, pas même aux ânes en chair et en os.

Tant mieux, repartit le premier régidor: nous n'avons donc qu'à marcher chacun de notre côté, en faisant le tour de la montagne; vous brairez de temps en temps, moi après vous, et il faudra que le diable s'en mêle, si l'âne nous entend pas.

Par ma foi, compère, dit le second régidor, l'invention est admirable et digne de votre rare esprit.

Sur ce, ils se séparèrent. Or, il arriva qu'en marchant ils se mirent à braire en même temps, et de telle sorte que chacun d'eux, trompé par les braiments de son compagnon, courut à sa voix, croyant que l'âne était retrouvé; mais ils furent bien étonnés de se rencontrer.

Serait-il vrai, compère, s'écria le premier régidor, que ce n'est pas mon âne que j'ai entendu?

Non, vraiment, c'est moi, répondit le voisin.

Vous? repartit le régidor, est-il possible? Ah! je dois l'avouer, il n'y a aucune différence entre vous et un âne, au moins en fait de braiments; de ma vie je n'ai entendu rien de semblable.

Vous vous moquez, reprit l'autre; ces louanges vous appartiennent plus qu'à moi, et sans flatterie, vous feriez la leçon aux meilleurs maîtres; vous avez la voix forte, l'haleine longue et vous faites les roulements à merveille. En vérité, je me rends, et je dirai partout que vous en savez plus que tous les ânes ensemble.

Trêve de louanges, compère, dit le régidor; je ne me reconnais pas tant de mérite qu'il vous plaît de m'en accorder, mais après ce que vous venez de dire, je m'estimerai désormais davantage.

Il faut avouer, dit son compagnon, qu'il y a bien des talents perdus dans le monde, faute d'avoir l'occasion de s'en servir.

Je ne sais guère à quoi peut servir celui que nous avons montré tous deux, répondit le régidor, si ce n'est en pareille circonstance.

Après ces compliments ils se séparèrent de nouveau, et se mirent à chercher en brayant de plus belle; mais ils ne faisaient que se tromper à chaque pas et couraient l'un vers l'autre, croyant toujours que c'était l'âne, jusqu'à ce qu'enfin ils convinrent de braire deux fois de suite, pour indiquer que c'était eux. De cette manière ils firent le tour de la montagne, toujours brayant, mais toujours inutilement; l'âne ne répondait rien. En effet, comment eût-elle répondu, la pauvre bête, puisqu'ils finirent par 405 la trouver dans le fourré le plus épais, à demi mangée par les loups?

Aussitôt il se mit à vanner l'orge avec une courtoisie pleine de simplicité (p. 403).

Je m'étonnais bien qu'il ne répondît pas, dit son maître en le voyant, car il n'eût pas manqué de le faire, s'il nous eût entendus braire, ou il n'aurait pas été un âne. Après tout, compère, je tiens pour bien employé le temps que j'ai mis à vous entendre, car ce plaisir compense pour moi la perte de ma bête.

A la bonne heure, répondit l'autre; mais si le curé chante bien, son vicaire ne lui cède en rien.

Enfin ils s'en retournèrent au village, tristes et enroués, et ils contèrent à leurs amis ce qui venait de leur arriver, se donnant l'un à l'autre de grandes louanges sur leur habileté à braire.

Tout cela se sut et se répandit dans les villages voisins; aussi le diable, qui ne dort jamais et qui ne demande que plaies et bosses, fit si bien, que les habitants de ces villages, quand ils rencontraient quelqu'un du nôtre, lui allaient braire au nez, pour se moquer de nos régidors. Les enfants mêmes se sont mis de la partie, au point que les gens de notre village sont à cette heure connus comme les nègres parmi les blancs. Mais ce n'est pas tout: la raillerie a été si avant, que railleurs et raillés en sont souvent venus aux coups, sans s'inquiéter ni du roi ni de la justice; et je crois que demain ou après-demain, pas plus tard, nos gens iront combattre ceux d'un autre village qui est à deux lieues d'ici, parce que ce sont ceux qui les persécutent le plus; et c'est pour ce combat que je viens d'acheter les lances et les hallebardes que vous avez vues. Voilà, seigneurs, les merveilles que j'avais à vous conter, je n'en sais point d'autres.

En cet instant, parut à la porte de l'hôtellerie 406 un homme habillé de peau de chamois, bas, chausses et pourpoint.

Seigneur hôtelier, dit-il en élevant la voix, y a-t-il place au logis? voici venir le singe qui devine, et le tableau de la liberté de Mélisandre.

Comment, reprit l'hôtelier, c'est maître Pierre! Mort de ma vie! nous nous divertirons joliment ce soir. Que maître Pierre soit le bienvenu! Où donc sont le singe et le tableau? Je ne les vois point.

Ils ne sont pas loin, répondit maître Pierre; j'ai pris les devants pour savoir s'il y avait de quoi loger?

Pour loger maître Pierre, je refuserais le duc d'Albe en personne, dit l'hôtelier; faites venir le singe et le tableau, il y a ici des gens qui en payeront la vue bien volontiers.

Et moi, repartit maître Pierre, j'en ferai meilleur marché, à cause de l'honorable compagnie; pourvu que je retire mes frais, je me trouverai content. Je m'en vais chercher la charrette, et dans un moment je suis à vous.

J'avais oublié de dire que ce maître Pierre avait l'œil gauche couvert d'un emplâtre de taffetas vert qui lui cachait la moitié du visage; ce qui faisait penser qu'il devait avoir ce côté-là endommagé.

Don Quichotte demanda à l'hôtelier qui était ce maître Pierre, et ce qu'étaient son singe et son tableau.

C'est, répondit l'hôtelier, un excellent joueur de marionnettes, qui depuis quelque temps parcourt la province, montrant un tableau de Mélisandre délivré par don Galiferos, et c'est bien la plus merveilleuse peinture qu'on ait vue depuis longtemps dans tout le pays. Il mène avec lui un singe admirable, et qui n'a jamais eu son pareil. Lui fait-on une question, il commence par écouter, puis après avoir réfléchi quelque temps, il saute sur l'épaule de son maître, et lui dit la réponse à la question; réponse que maître Pierre répète tout haut sur-le-champ. Il connaît mieux les choses passées que celles de l'avenir, et quoiqu'il ne rencontre pas toujours juste, il se trompe rarement, si bien que cela fait croire à beaucoup de gens qu'il a un démon dans le corps. On donne deux réaux pour chaque question, si le singe répond, ou, pour mieux dire, si maître Pierre répond après que le singe lui a parlé à l'oreille: de sorte que ce maître Pierre passe pour être fort riche. C'est un bon compagnon; il parle plus que six et boit comme douze; en un mot, il mène la plus joyeuse vie du monde, et tout cela grâce à son industrie.

Là-dessus, maître Pierre arriva avec la charrette et le singe, qui était très-grand, sans queue, les fesses pelées, et fort plaisant à voir. A peine don Quichotte l'eût-il aperçu, que, poussé par l'impatience qu'il avait de tout connaître, il lui dit: Maître devin, quel poisson prenons-nous[98]? que doit-il nous arriver? tenez, voilà mes deux réaux. Et il fit signe à Sancho de les donner à maître Pierre; celui-ci prenant la parole pour son singe: Seigneur, cet animal ne sait rien de l'avenir, comme je vous l'ai déjà dit; il ne parle que du passé et un peu du présent.

Pardieu, reprit Sancho, du diable si je donnerais un maravédis pour apprendre ce qui m'est arrivé: qui est-ce qui le sait mieux que moi? il faudrait que je fusse bien fou que de bailler pour cela. Mais puisque le seigneur singe connaît le présent, voilà mes deux réaux: qu'il me dise ce que fait Thérèse Panza ma femme, et à quoi elle s'occupe en ce moment.

Maître Pierre répondit qu'il ne recevait point d'argent par avance, qu'il fallait attendre la réponse du singe. Il frappa deux coups sur son épaule gauche, le singe s'élança et s'approchant de l'oreille de son maître, il commença à remuer les mâchoires, comme s'il eût marmotté 407 quelque chose, puis, au bout d'un credo, il sauta par terre. Aussitôt maître Pierre courut s'agenouiller devant don Quichotte, et lui embrassant les deux jambes:

J'embrasse ces jambes avec plus de joie que je n'embrasserais les colonnes d'Hercule, s'écria-t-il. O restaurateur insigne de l'oubliée chevalerie errante! ô illustre chevalier, jamais assez dignement loué, fameux don Quichotte de la Manche, appui des faibles, soutien de ceux qui chancellent, bras qui relève les abattus, en un mot, renfort de tous les nécessiteux.

Don Quichotte demeura très-surpris, Sancho plein de frayeur, le guide et le page en admiration; bref, les cheveux en dressèrent à tous ceux qui étaient présents. Maître Pierre, sans se troubler, continua ainsi: Et toi, ô bon Sancho Panza! le meilleur écuyer du meilleur chevalier du monde, réjouis-toi; ta Thérèse s'occupe à l'heure qu'il est de filer une livre d'étoupes; à telles enseignes qu'elle a près d'elle une jarre ébréchée par le haut, remplie de deux pintes de bon vin, qui lui sert à se délasser de son travail.

Oh! pour cela, je le crois aisément, repartit Sancho, c'est une vraie bienheureuse, et n'était sa jalousie, je ne la troquerais pas pour la géante Andandona, qui, suivant mon maître, fut une femme très-entendue et de grand mérite. Ma Thérèse est de celles qui ne se laissent manquer de rien, dussent en pâtir leurs héritiers.

C'est avec raison qu'il est dit: on s'instruit beaucoup en voyageant, reprit notre chevalier; qui se serait jamais douté qu'il y a des singes qui devinent! Par ma foi, je ne le croirais point si je ne l'avais vu de mes yeux. En effet, seigneurs, poursuivit-il, je suis ce même don Quichotte de la Manche, qu'a dit ce bon animal, au mérite près, sur lequel il s'est un peu trop étendu; mais, quoi qu'il en soit, je rends grâces au ciel de m'avoir donné un bon cœur, et le désir d'être utile à tout le monde.

Si j'avais de l'argent, dit le page, je demanderais au singe de m'apprendre ce qui doit m'arriver dans mon voyage.

Seigneurs, répondit maître Pierre, je vous ai déjà dit que mon singe ne savait rien de l'avenir; s'il en avait connaissance, vous n'auriez pas besoin d'argent pour cela, car il n'est rien que je ne fusse disposé à faire en considération du seigneur don Quichotte, dont j'estime l'amitié plus que tous les trésors du monde. Aussi, pour le lui témoigner, je vais préparer mon théâtre, et en donner gratis le divertissement à la compagnie.

L'hôtelier, tout joyeux, indiqua l'endroit où l'on pouvait dresser le théâtre; ce qui fut fait en un instant.

Don Quichotte avait peine à comprendre qu'un singe devinât et fît des réponses; il se retira avec Sancho dans un coin de l'écurie pendant que maître Pierre s'occupait de ses préparatifs, et voyant que personne ne pouvait les entendre: Sancho, lui dit-il, j'ai pensé et repensé à l'étonnante habileté de ce singe, et pour mon compte je suis très-porté à croire que son maître a fait quelque pacte ou convention tacite avec le démon.

Oh! je gagerais bien, répondit Sancho, qu'ils n'ont point dit leur bénédicité avant de faire cette collation; mais, seigneur, à quoi sert à ce maître Pierre d'avoir fait un pacte avec le diable?

Tu ne m'as pas compris, reprit don Quichotte: je veux dire que, par un pacte, le diable est convenu de donner ce talent au singe, pour enrichir le maître qui, plus tard en retour, devra livrer son âme au diable, but que poursuit sans cesse cet ennemi du genre humain. Ce qui me le fait penser, c'est que le singe ne parle que du passé et du présent, car là se borne toute la science du démon, qui ne sait rien de l'avenir, si ce n'est par quelques conjectures, et encore se trompe-t-il souvent, Dieu seul s'étant réservé la connaissance de toutes choses. Cela étant, il est clair que le singe 408 ne parle qu'avec le secours du diable, et je suis étonné qu'on n'ait point encore déféré ce maître Pierre au saint-office, pour lui faire avouer en vertu de quoi son singe devine. Après tout, ni son maître ni lui ne sont prophètes, ils ne sont point non plus tireurs d'horoscopes, si ce n'est peut-être à la manière dont tout le monde s'en mêle aujourd'hui en Espagne, même les savetiers et les laquais, qui, par leurs mensonges et leur ignorance, sont parvenus à discréditer l'astrologie judiciaire, cette science merveilleuse et ineffable.

A propos d'astrologie, cela me rappelle cette femme de qualité qui demandait à un de ces tireurs d'horoscopes, si une petite chienne qu'elle avait deviendrait pleine, si elle mettrait bas, de quelle couleur seraient ses petits, et quel en serait le nombre. Notre homme, après avoir interrogé sa figure, répondit que la chienne aurait trois chiens, l'un vert, l'autre rouge et le troisième mêlé, pourvu toutefois qu'elle fût couverte le lundi ou le samedi, entre onze et douze heures du jour ou de la nuit. Eh bien, la petite chienne mourut au bout de trois jours, et la prédiction ne laissa pas de mettre l'astrologue en grande réputation d'habileté.

Malgré tout, seigneur, reprit Sancho, je voudrais bien faire demander au singe si ce que vous avez raconté de la caverne de Montesinos est véritable; pour moi, je pense, soit dit sans vous offenser, que ce sont autant de rêveries, ou tout au moins des visions que vous aurez eues en dormant.

Tout est possible, répondit don Quichotte; je le demanderai pour te faire plaisir, bien que j'en éprouve quelque scrupule.

Ils en étaient là, quand maître Pierre vint chercher don Quichotte, disant que son théâtre était prêt et qu'on n'attendait que Sa Grâce pour commencer. Notre héros lui répondit qu'avant tout il voulait faire une question au singe, et savoir si certaines choses qui lui étaient arrivées dans un souterrain, appelé la caverne de Montesinos, étaient vision ou réalité, lui-même croyant qu'il y avait à la fois un peu de tout cela. Maître Pierre alla aussitôt chercher son singe: Savant singe, lui dit-il, l'illustre chevalier qui est devant vous désire savoir si certaines choses qui lui sont arrivées dans la caverne de Montesinos sont fausses ou vraies. Au signal accoutumé, le singe sauta sur l'épaule gauche de son maître, puis après avoir quelque temps remué les mâchoires, comme s'il lui eût parlé à l'oreille, il s'élança à terre. Aussitôt maître Pierre dit à don Quichotte: Seigneur chevalier, le singe répond qu'une partie des merveilles que vous avez vues dans la caverne est vraisemblable, et l'autre douteuse: c'est tout ce qu'il peut en dire. Si vous voulez en savoir davantage, il satisfera vendredi prochain aux questions que vous lui adresserez; quant à présent, sa faculté divinatrice est suspendue.

Avais-je tort de dire, seigneur, repartit Sancho, que ces aventures n'étaient pas toutes véritables? Par ma foi, il s'en faut de plus de la moitié.

La suite nous l'apprendra, répondit don Quichotte; car le temps, grand découvreur de toutes choses, n'en laisse aucune sans la traîner à la lumière du soleil, fût-elle cachée dans les profondeurs de la terre. Mais, brisons-là pour l'heure, et voyons le tableau de maître Pierre; je suis persuadé qu'il nous présentera quelque chose de curieux.

Comment, quelque chose! répliqua maître Pierre; dites cent mille choses; seigneur chevalier, il n'y a rien aujourd'hui qui mérite plus votre attention. Au surplus, operibus credite, non verbis, c'est-à-dire mettons la main à l'œuvre, car il se fait tard, et nous avons beaucoup à faire voir et à expliquer.

Paris, S. Raçon, et Cie, imp.

Furne, Jouvet et Cie, édit.

Au signal accoutumé, le singe sauta sur l'épaule de son maître (p. 408).

Don Quichotte et Sancho le suivirent dans la chambre où était dressé le théâtre, éclairé d'une foule de petites bougies; maître Pierre passa derrière le tableau, parce que c'était lui qui faisait jouer les figures; en avant se tenait un 409 petit garçon pour servir d'interprète, et annoncer avec une baguette les mystères de la représentation. Enfin, la compagnie s'étant placée, le spectacle commença.

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